Paul Arène,
Paris ingénu
(1882)
“ Mes faucheurs sont des campagnards de Paris. Vous chercheriez en vain à leur côté l'étui plein d'eau où trempe la pierre et le clou luisant qui sert d'enclume pour battre le tranchant de l'outil. Ils ont, malgré tout, bonne grâce à la besogne. Le soleil luit, les grandes lames vont et viennent, un peu de foin maigre s'aligne lentement au bout des faux, à gauche des faucheurs ; des pierrots s'abattent de l'arbre voisin; j'ai vu .sauter sur les lignes de loin une sauterelle aux ailes rouges, et dans l'air monte cette fine odeur de thé que l'herbe coupée exhale en séchant. ”
