Résumé

Victor Bonnet L’État de la question monétaire…

L’homme qui a deux bras les garde, et il a raison : chaque bras lui rend des services particuliers, et tous deux réunis lui donnent une force qu’il n’aurait pas avec un seul ; mais quel service particulier rend l’argent en dehors de son rôle de monnaie d’appoint, si l’or peut suffire ? La réunion des deux métaux ne donne pas plus de force à l’instrument d’échange, en tant que force soit ici synonyme de fixité de valeur ; elle tend au contraire à l’affaiblir. Il ne faut donc pas s’arrêter à ces comparaisons de fantaisie, qui n’ont rien de sérieux, et examiner la question plus à fond.
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Victor Bonnet L’État de la question monétaire…

Supposez que dans trois ou quatre ans, quand l’Allemagne aura démonétisé les 500 ou 600 millions de thalers d’argent qu’elle possède, la dépréciation de ce métal fasse de nouveaux progrès et arrive de 2 où 3 pour 100, où elle est aujourd’hui, à 5 et 6 pour 100. Sur 4 milliards d’or remplacés par de l’argent, c’est une perte sèche, à 3 pour 100 de différence, de 120 millions. La valeur du capital monétaire du pays sera diminuée d’autant, et cela pourquoi ? Pour avoir laissé prédominer dans la circulation un métal incommode, lourd, qui n’est plus en rapport avec les besoins de la civilisation.
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Victor Bonnet L’État de la question monétaire…

Venir dire que, si la France n’avait pas eu l’argent comme étalon monétaire, elle n’aurait pu s’en servir pour payer les Allemands, en supposant qu’elle y eût eu avantage, c’est absolument comme si on prétendait qu’un pays riche qui est en mesure de se procurer toutes les marchandises dont il a besoin et qu’il n’a pas chez lui n’aurait pu obtenir particulièrement celle dite argent.
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