Victor Lanjuinais

Victor Lanjuinais

Résumé

Portrait de Victor Lanjuinais Victor Lanjuinais Revue des Deux Mondes

La monnaie est donc une unité composée de deux parties ; quand une des parties s’accroît, le tout s’accroît d’autant. Si le tout ainsi accru excède la demande sur le marché, le tout se dépréciera.
La solidarité des prix entre l’or et l’argent n’est pas particulière à ces deux marchandises. Elle existe à des degrés divers pour toutes celles qui par leur analogie sont de nature à se suppléer l’une l’autre. Le blé est dans ce cas par rapport à l’orge, au seigle, à l’avoine. Le blé est-il à un prix de disette, il fait hausser les autres grains ; s’il est abondant, il baisse et les fait baisser.
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Dire que l’or et l’argent sont des marchandises, c’est affirmer implicitement qu’ils sont régis par le va-et-vient de l’offre et de la demande, qu’ils sont sujets à la hausse et à la baisse. En devenant monnaie, c’est-à-dire en recevant des empreintes et des dénominations fixées par la loi, l’or et l’argent n’échappent pas à la hausse et à la baisse, parce qu’ils ne perdent pas leur caractère essentiel d’objets commerçables et régis par le cours du marché.
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Que l’or et l’argent ont fait la richesse de ceux qui les ont possédés [15] ; que la consommation qui s’en fait en dehors de la circulation monétaire est énorme [16] ; que la valeur relative de l’or et de l’argent ne dépend pas des quantités produites ; que si l’un des deux se déprécie, l’autre éprouve une dépréciation à peu près égale ; que les pays les plus commerçans ont directement ou indirectement, réduit l’argent au rôle de monnaie d’appoint et ne se sont pas préoccupés de la démonétisation de l’or.
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