Résumé

Portrait de Victor Riqueti de Mirabeau Victor Riqueti de Mirabeau L’Ami des hommes, ou Traité de la population

Il n’est pas de mon sujet d’examiner si c’est un avantage dans un État militaire en sa constitution d’avoir une nombreuse Noblesse mais je dis, sans crainte d’être démenti, que les pauvres laborieux sont, dans quelqu’état que le Ciel les ait fait naître, la portion la plus utile de la société. Je disserterai moins encore pour établir ce que c’est que la Noblesse ; mais soit que ce genre de distinction soit une illusion absolue ou non, je crois qu’on peut la définir : la partie de la nation à laquelle le préjugé de la valeur & de la fidélité est le plus particulièrement confié.
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Je dis plus à l’égard des vices & désordres de toute espece qu’engendrent les grandes Villes, ou du moins qu’elles facilitent. C’est que le doute que ceux qui leur en attribuent l’invention, aient consideré la chose dans toutes ses proportions. Or je mets en principe, qui, je crois, ne me fera pas contesté, que si la Population est la force d’un Etat, la Police en est le régime. Plus un État est peuplé, plus il est aisé d’y établir une bonne Police. Ce ne sont pas les hommes qui se communiquent les vices, ce sont les hommes oisifs qui les inventent & les multiplient.
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Tant que vous n’honorerez pas les basses classes de l’humanité, il est impossible d’y maintenir l’abondance nécessaire à l’émulation & aux progrès. On se plaint que personne ne veut demeurer dans son état, & que de grade en grade, cette ambition déplacée & toujours peu mesurée épuise les basses classes, & surcharge les premières qui doivent, par mille raisons, être peu nombreuses par proportion : d’où vient cela ? c’est que personne ne veut vivre dans l’abjection, ou ne s’y tient que par nécessité, & ce qu’on fait par force, on le fait toujours mal : honorez donc les petits.
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