Édouard Boinvilliers

Résumé

Édouard Boinvilliers Études politiques et économiques (1877)

On dit partout que le Français est léger, frondeur, sans religion et ingouvernable ; le Français, au contraire, est un citoyen sensé, religieux, et en même temps le plus facile des hommes à gouverner.
Depuis la grande Révolution, notre gouvernement a changé bien des fois, et le monde a répété : Ces Français sont incorrigibles !
Or, ce sont les Parisiens seuls qui font les révolutions, et c'est la France qui les subit ; la vérité, c'est que les Parisiens sont des fous et que la France reste sage ; la vérité, c'est que Paris est le tyran et la France l'esclave.
Source : Gallica

Édouard Boinvilliers Études politiques et économiques (1877)

Paris n'a jamais été, en effet, qu'un foyer de révolutions et par conséquent de tyrannie ; ce n'est pas Paris qui
dicte les cahiers des États généraux en 1789, mais c'est lui qui compromet le succès de toutes les réformes bienfaisantes et modérées, par d'horribles excès ; ce n'est pas le Parisien occupé de révolution qui sauve la France au jour du danger, c'est la province qui, par le vote aussi bien que par l'épée, délivre le pays de ses ennemis intérieurs et extérieurs. Paris n'aime pas la liberté, il la tue!
Source : Gallica

Édouard Boinvilliers Études politiques et économiques (1877)

Veut-on essayer de reconstruire une aristocratie en France, et chercher dans des autorités morales et locales, ainsi reconstituées, un contre-poids à la toute-puissance parisienne ? Tout cela est vain ; on ne peut lutter contre le courant des choses; on ne peut pas plus refaire une aristocratie qu'on ne peut briser toutes les routes, tous les canaux, tous les chemins de fer, tous les télégraphes qui convergent sur Paris.
Faut-il cependant mépriser les leçons les plus terribles de l'histoire ? Pourquoi Napoléon avait-il voulu que l'Impératrice et le roi de Rome quittassent Paris ?
Source : Gallica

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