Élise de Pressensé

Rosa (1858)

Résumé

Élise de Pressensé Rosa (1858)

L'oeuvre que la douleur a commencée, Dieu l'achèvera dans le secret de cette âme. Le premier, le grand pas est fait : elle s'est humiliée. Qu'elle ait bon courage ! Dieu se tient près du coeur humble et brisé.
Elle ne savait pas, tandis qu'elle restait seule, la tête appuyée sur sa main, les yeux pleins de larmes, tout accablée du sentiment de sa faiblesse et de sa misère, que sa tante avait senti près d'elle une joie inexprimable inonder son coeur en deuil. Déjà le dernier voeu de son frère mourant s'était réalisé, et Cécile avait été pour elle une grande consolation.
Source : Gallica

Élise de Pressensé Rosa (1858)

Chaque matin, à la même heure, après avoir procédé minutieusement aux soins de sa toilette, elle venait s'asseoir dans le grand fauteuil que Marthe avait mis près du feu en hiver, près de la croisée en été. Pendant que la bouilloire sifflait sur le foyer, Madame Darcy ouvrait la grande Bible placée devant elle sur une petite table, puis tirant ses lunettes de leur étui et les essuyant avec soin, elle lisait d'une voix lente et monotone le chapitre du jour. Après cela, elle se mettait à genoux et lisait encore une prière.
Elle était veuve depuis bien des années, et n'avait jamais eu d'enfant.
Source : Gallica

Élise de Pressensé Rosa (1858)

Tout ce que proposait Mademoiselle Noémi était rejeté l'un ton désobligeant par la pauvre enfant, qui, tout en se livrant ainsi à son mauvais naturel, aurait donné le monde entier pour ouvrir son coeur à une amie et pour entendre une parole de consolation et d'affection. Elle n'osa pas même insister pour qu'on lui dît la vérité sur l'état d'Alfred, mais elle resta éveillée jusque fort avant dans la nuit, prêtant l'oreille au plus léger bruit, et le coeur agité par un battement étrange. A minuit, il
lui sembla entendre du mouvement dans la maison.
Source : Gallica

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