Résumé

Émile Beaussire Les Théories politiques en Allemagne

Un peuple ou des peuples ne forment une nation que lorsqu’ils ont la conscience d’une union intime entre eux et leur gouvernement, lorsqu’ils considèrent leur gouvernement comme leur bien propre et jusqu’à un certain point comme leur œuvre propre. Une nation n’est possible et ne réalise véritablement l’idée d’un état qu’avec un certain degré de liberté politique.
La nation, comme l’état, est un organisme vivant. Elle se modifie, elle se transforme, et elle sent le besoin de trouver dans l’état un développement en harmonie avec son propre développement.
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Émile Beaussire Les Théories politiques en Allemagne

L’idéal, pour chaque espèce d’être, est déterminé par sa nature ; il n’en est que l’expression la plus parfaite. L’idéal social ne doit aussi qu’exprimer fidèlement et complètement les conditions naturelles de toute société constituée. Il est le plus haut degré d’unité morale, de liberté civile et politique, de culture et de bien-être auquel puisse s’élever une nation sur le territoire le mieux approprié à son développement. Tous ces biens sont compromis dans la poursuite de cet autre idéal qui a pour objet l’accroissement indéfini du territoire et de la population d’un état.
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Émile Beaussire Les Théories politiques en Allemagne

Les grands empires historiques n’ont eu que le nom d’empires du monde, et dans les limites plus ou moins reculées où leur vanité se plaisait à voir les bornes mêmes de la terre, ils n’ont jamais été qu’un amalgame de peuples, en dehors de toutes les conditions d’un véritable état. Ce n’étaient là, nous dit M. Bluntschli, que des essais prématurés et par là destinés à un échec inévitable. L’état universel ne deviendra possible que lorsque l’humanité tout entière, ayant acquis la pleine conscience d’elle-même, pourra recevoir une organisation commune.
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