Résumé

Émile Montégut La Poésie d’une vieille Civilisation

Ils aiment les couleurs tendres et fines, les tons pâles, doux, mélancoliques, et la nature qu’ils peignent est toujours une nature grêle et légèrement maladive, ou délicate et svelte. Ils ont une préférence marquée pour deux saisons, le printemps et l’automne : presque jamais ils ne tracent de peintures de l’été; il y a là trop d’opulence, trop d’ardeurs, trop de vie expansive et joyeuse, trop de couleurs voyantes pour leur pinceau ami du raffinement et leur imagination amie d’une douce tristesse. Le printemps et l’automne leur conviennent mieux.
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Émile Montégut La Poésie d’une vieille Civilisation

Il est pacifique comme l’Anglais, et tient, comme lui, la guerre pour le pire des fléaux; il aime, comme lui, le commerce et l’industrie; il a porté, comme lui, l’agriculture au plus haut point de perfection ; il a tout le génie pacifique de l’Angleterre, sans avoir cet élément féodal et aristocratique qui est la seule chose qui vous déplaise dans ce grand pays. Et d’autre part le Chinois est démocrate comme le Français, sans avoir, comme lui, cet esprit agressif et guerroyant qui fait courir tant de dangers à cette démocratie même qu’il préfère à tout!
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Émile Montégut La Poésie d’une vieille Civilisation

Cette tristesse et ce courage viennent de la même source : la croyance au néant des choses humaines et à l’insignifiance de la vie. Ces poètes savent trop combien tout est fugitif et vain pour s’attacher fortement à quelque grande ambition et nourrir quelque robuste espérance. La longue histoire de leurs ancêtres leur apprend trop que le seul sentiment qui ne nous trompe pas est celui de l’indifférence. Ils savent, par une longue chaîne de traditions, que le malheur est la seule réalité véritable et permanente, et que les événemens les plus heureux ont des retours menaçans.
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