Étienne Fourvière

Résumé

Étienne Fourvière Les souvenirs d'Étienne Fourvière (1901)

Sur un champ de roseaux, courbés par le vent comme je l étais par la tempête, une lourde couronne d'épines. En regard, cette maxime : « Souffrir, se taire et prier, c'est beaucoup offrir à Dieu. » Puis, au verso, tracées d'une main ferme, d'une main qui, en maniant l'épée, aurait pu conquérir la renommée, ces lignes graves et douces : « A genoux, devant Marie au pied de la Croix, refuge dans le cœur de Jésus; là, mais là seulement, jamais de déceptions. — A mon ami, son frère. » Puis, de la même main, cette devise d'un amant de l'humilité parfaite : « N'être saint que devant Dieu. »
Source : Gallica

Étienne Fourvière Les souvenirs d'Étienne Fourvière (1901)

N'est-ce pas, ô mon cœur, que tes anxiétés cruelles et ta longue agonie, sur le plateau de Chambarand, dans ces mois où je n'y étais encore qu'un pauvre enfant hospitalisé par pitié et sans nouvelles possibles de tout ce que j'aimais au monde, avaient leur forte et attirante saveur ? N'est-ce pas que le coup de foudre qui là-bas, au Rondeau, frappa inopinément ma jeune tète, insouciante et rieuse : n'est-ce pas que ce jour lamentable entre tous les jours, revu aujourd'hui dans sa vraie perspective, a quelque chose de tragique et de grand, d'auguste et de saint ?
Source : Gallica

Étienne Fourvière Les souvenirs d'Étienne Fourvière (1901)

Quoi donc? Les âmes se sentent-elles avant même que de se connaître ? Se devinent-elles, s'attirent-elles ou se repoussent-elles ainsi,
d'elles-mêmes et comme à l'aveugle, puisque, sûrement, je n'avais aucune conscience d'un phénomène, qui, mème à l'heure où je le signale, reste une énigme pour moi ?
Cependant, mon père jamais n'a cessé d'ètre bon à mon égard. Il m'aimait, je le voyais ; il était même affectueux, je l'éprouvais de mille manières. De mon côté, par nature et par besoin de tempérament, j'étais tout expansion et tendresse; mon cœur sans défiance allait à tout le monde.
Source : Gallica

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