Alfred Morel-Fatio

Élements biographiques

Portrait de Alfred Morel-Fatio Alfred Morel-Fatio Études sur l'Espagne (1888-1925)

Si, de la réalité nous passons au drame, que constatons-nous ? Qu'une fois encore, comme pour la reine, le poète a fait de la vérité historique à faux. Pour garder un nom, qu'il supposait exact, il a sacrifié la personne, le caractère ; car, aux allures qu'il lui prête, il est bien évident que sa camarera répond, non point à la duchesse d'Albuquerque, mais à celle de Terranova, telle que la dépeignent les Mémoires de Mme d'Aulnoy. Néanmoins, Hugo a préféré Albuquerque, persuadé qu'il se mettait ainsi en règle avec l'histoire, ou plutôt avec les apparences de l'histoire.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Morel-Fatio Alfred Morel-Fatio Études sur l'Espagne (1888-1925)

Quand il s'est trompé, il l'a fait en quelque sorte sciemment. Des erreurs, soit, des erreurs énormes et si énormes qu'on finit par ne plus les voir, mais pas de méprises ni de contre-sens ; il n'a pas affadi l'Espagne en l'idéalisant dans un goût faux. La sonorité des noms espagnols lui plaît et il en abuse, même il lui est arrivé d'en créer d'assez extravagants, mais au moins Hugo n'a-t-il à sa charge aucune de ces fautes grossières contre l'usage et la langue dont foisonnent tant d'autres écrits contemporains.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Morel-Fatio Alfred Morel-Fatio Caldéron : revue critique des travaux d'érudition publiés en Espagne à l'occasion du second centenaire de la mort du poète… (1881)

Pour apprécier sainement l'œuvre de Calderon, et déterminer la place qui doit lui être assignée dans l'histoire de la poésie dramatique espagnole, il convient de ne pas se laisser influencer par les jugements des écoles de critique littéraire ; il faut, autant que possible, se reporter par la pensée dans le milieu du poète, examiner avec soin ce qu'il doit à ses devanciers, et l'impression que ses drames ont produite sur ses contemporains. « A mon sens, » dit M. Menéndez, « Lope est un artiste très supérieur à Calderon, en veine naturelle et féconde, en inépuisable puissance de création. »
Source : Gallica

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