Auteur : J. J. Jusserand

Élements biographiques

Auteur : J. J. Jusserand Revue des Deux Mondes

Ancêtre lointain de Fielding, comme Lyly et Sidney nous apparaissent en ancêtres lointains de Richardson, il comprend qu’un tableau de la vie active reproduisant uniquement, à la mode espagnole, des scènes de comédie, est incomplet et sort de la vérité. Les plus railleurs, les plus superbes, les plus aventureux ont leurs jours d’angoisses; aucun front n’est resté à jamais uni, du sortir du berceau à l’entrée dans la tombe, et nul n’a pu vivre en spectateur impassible sans qu’un jour son cœur battît plus vite et que sa tête s’inclinât sous la douleur.
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Auteur : J. J. Jusserand Revue des Deux Mondes

« Voici toute la malédiction qu’il me faut vous envoyer ; je vous la donne au nom de tous les poètes : puissiez-vous, aussi longtemps que vous vivrez, vivre amoureux et ne jamais obtenir aucune faveur, faute de savoir écrire un sonnet, et quand vous mourrez, puisse votre mémoire s’effacer de la terre, faute d’une épitaphe pour la rappeler! »
Ni les épitaphes ne manquèrent à Sidney, car tous les poètes le pleurèrent ; ni sans doute les faveurs féminines qu’un sonnet peut gagner, car il rima les plus passionnés qu’on eût vus en Angleterre avant ceux de Shakspeare.
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Auteur : J. J. Jusserand Revue des Deux Mondes

Il va sans dire que Sidney n’a voulu peindre qu’une seule passion : l’amour ; il la décrit telle qu’on la connaissait et pratiquait alors. La plupart des héros de l’Arcadie parlent comme Surrey, Wyatt, Watson et tous les « amouristes » du siècle, comme Sidney lui-même quand il s’adressait à quelque autre que Stella. La retenue de ces personnages est égale à leur tendresse ; vaillans comme des lions devant l’ennemi, ils tremblent comme la feuille devant leur maîtresse ; ils se nourrissent de sourires et de doux regards.
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