Irène Hillel-Erlanger

Élements biographiques

Irène Hillel-Erlanger Voyages en Kaléidoscope (1919)

Joël Joze, Inventeur; passe de préférence dans les rues où passe la Comtesse Véra. C'est ainsi qu'il peut la voir. De loin. De loin en loin.
Elle descend de son auto. Quel juste luxe. Perfection du rythme. Elégance supérieure.
Est-ce quelque cocaïne qui lui donne cet éclat froid? cet élancé; ce mince; ce désincarné implacable? Plutôt, n'est-ce pas son impériale égolâtrie?
Comtesse Véra, vous ne dispenserez pas une parcelle de sourire à qui vous est inutile. Vous répudiez ce qui vous gêne. Et ce qui vous augmente, vous le gardez jalousement.
Source : Gallica

Irène Hillel-Erlanger Voyages en Kaléidoscope (1919)

Et je me jette sur mon lit. Là, c'est trop bête, je me mets à pleurer! — Plus bête que tout : le « Viens! », que cette dame a dit à mon Patron, me résonne dans les oreilles. Et dans le coeur. A me faire mal. J'y pense. Tout le temps. Comme on appuie, — exprès — sur un point de côté. Pour le sentir. Plus lancinant encore...
Quelle impression?... Je pleure et sanglote... Tout seul.
Un temps. Et puis téléphone sonne
— « Allô! Etablissements Joël Joze?... « Ah! c'est vous Gilly? C'est moi Martel. « Nous sommes en panne ! Qu'est-ce qui « se passe donc chez vous, au Kaleido? »
Source : Gallica

Irène Hillel-Erlanger Voyages en Kaléidoscope (1919)

Plutôt, vous aimiez en moi le reflet d'une Révélation Surnaturelle. Alors, vous ne passiez pas aveugle à côté des Signes.
Vraiment, faut-il, à cette heure, que l'adoration du Monde et sa vaine gloire, vous tiennent dans une dépendance affreuse des plus vulgaires suffrages ? — Quelle pitié!
Quand vous êtes entrée dans ma vie, j'étais une espèce d'ermite; patient; plein de foi. D'abord j'ai cru — pauvre idiot! — que mon Idéal vous intéressait. Comme si rien pouvait vous intéresser hors vous-même. Comme si votre génie même était
pour vous autre chose qu'un moyen de tyrannie !
Source : Gallica

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