Léon Letellier

Élements biographiques

Léon Letellier,  Pêcheurs de Terre-Neuve

“ Cependant le navire va bon train. Il est rare que sa vitesse tombe au-dessous d’une dizaine de nœuds.
C’est la saison des vents de « noroît ». Derrière nous, par la hanche de bâbord, l’horizon se charge sans cesse de gros cumulus que les matelots appellent des « balles de coton ». « Encore un qui nous apporte du bon vent », disent-ils ; et, quand le grain fond sur nous : « Vente donc, vieux bon Dieu, décorne les bœufs, plus fort, plus fort encore ; nous sommes prêts à te recevoir ; vent arrière fait la mer belle. »
”
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Léon Letellier,  Pêcheurs de Terre-Neuve

“ C’est justement, en effet, dans ces jours de mauvais temps, quand la mer est démontée, que cette opération de sauter à bord peut prendre les proportions d’un vrai tour de force. Le navire est là devant vous, qui roule quelquefois au point que ses basses vergues vont toucher la mer ; à le voir puiser de l’eau par-dessus ses bords, on dirait qu’il veut vous cueillir en dessous, comme on ferait avec une cuillère. À ce moment passe une lame, qui soulève votre esquif et menace — cela s’est vu — de précipiter d’un seul coup sur le pont chaloupe et hommes qui sont dedans. ”
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Léon Letellier,  Pêcheurs de Terre-Neuve

“ Toutes ces impressions étranges tenaient sans doute pour une large part à la nouveauté du spectacle, à mon défaut d’accoutumance, mais j’ai pu reconnaître plus tard qu’elles étaient dues aussi à ce que nous allions dans le sens du vent et des lames. Quelle que soit la vitesse d’un navire, s’il court vent arrière, les lames le devancent toujours, et dans un milieu qui se meut avec vous et plus vite que vous, il faut une force d’habitude au moins égale à la force de votre illusion pour associer l’idée de marche à l’apparence d’une rétrogradation. ”
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