Léopold Laluyé

Élements biographiques

Léopold Laluyé Poésies (1872)

Oh ! non ! la poésie esc bien plus près de Dieu !
C'est le premier sourire ou le dernier adieu ;
C'est l'oiseau gazouillant sur l'arbre où l'on repose, Le parfum de la fleur que le soir on arrose, Le regard d'une femme aux yeux éblouissants, Le premier rendez-vous qu'on obtient à seize ans ; C'est une allée ombreuse, au bout d'une prairie Qu'on traverse, le front tout plein de rêverie ;
C'est le cri de l'enfant de sa mère entendu,
L'insecte étincelant dans la mousse perdu,
A travers les vallons le vent frais qui murmure, La poésie enfin, c'est toute la nature.
Source : Gallica

Léopold Laluyé Poésies (1872)

Enfant, ton audace inflexible Pour un peu me rendrait poltron.
Mais tu vois, cela t'humilie,
Je suis vainqueur sans coup férir, Ta main ouverte est si jolie Qu'il faut souvent, toujours l'ouvrir.
L'ouvrir au malheur qui succombe, Au pauvre, à l'enfant sans berceau,
A ce qui souffre, à ce qui tombe, A l'être humain comme à l'oiseau.
L'ouvrir à l'amitié sincère,
Aux vertus sans ambition ;
Des mains loyales que l'on serre Elle est douce la pression !
Aussi, crois-moi, chère âme aimée, Mieux vaut ne pas vivre plutôt Que de vivre la main fermée,
Comme l'avare ou l'idiot.
Source : Gallica

Léopold Laluyé Poésies (1872)

Qu'il esc doux d'errer seul, le soir, quand la nature S'endort silencieuse, et que l'on n'entend plus Que le chant de l'insecte, harmonieux murmure,
Et d'un lac aux flots clairs le paisible reflux.
Qu'il est doux d'errer seul avec sa nonchalance, Frôlant les arbres noirs vaguement entrevus,
Lorsque le ciel est pur et que le vent balance Les roseaux qui dans l'onde ont l'air de se mirer, Et d'aspirer l'air frais de la nuit qui commence.
Tout seul avec son ombre, oui, qu'il est doux d'errer, Le coeur charmé d'amour par cette nuit superbe, Quand la lune nacrée au ciel vient se montrer
Source : Gallica

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