Amédée Kermel, Une âme en peine, par M. Amédée Kermel (1834)
“ Clémence, qui prenait la moitié de ses souffrances, n'aurait plus pour elle ce dévouement d'une amitié sans partage, et cette crainte lui venait de l'égoïsme du coeur, qui, de tous les égoïsmes, est sans doute le plus aveugle et le plus absolu. Cette moitié de son être lui parlait avec enthousiasme d'un bonheur qu'elle allait goûter, et ce bonheur n'arrivait point à l'intelligence de Nancy. Si elle en ressentait l'appétence comme les enfans ont l'instinct du langage, comme l'artiste celui du beau, elle l'attendait sans le connaître, elle le cherchait sans le trouver. ”
