Résumé

Amédée Kermel Une âme en peine, par M. Amédée Kermel (1834)

Clémence, qui prenait la moitié de ses souffrances, n'aurait plus pour elle ce dévouement d'une amitié sans partage, et cette crainte lui venait de l'égoïsme du coeur, qui, de tous les égoïsmes, est sans doute le plus aveugle et le plus absolu. Cette moitié de son être lui parlait avec enthousiasme d'un bonheur qu'elle allait goûter, et ce bonheur n'arrivait point à l'intelligence de Nancy. Si elle en ressentait l'appétence comme les enfans ont l'instinct du langage, comme l'artiste celui du beau, elle l'attendait sans le connaître, elle le cherchait sans le trouver.
Source : Gallica

Amédée Kermel Une âme en peine, par M. Amédée Kermel (1834)

COEURS BRISÉS. 525
voix, les femmes expriment les sensations de leur âme ; dans un embrassentent se révèle l'activité de leur imaginative. Par un embrassement, leurs douleurs et leurs joies ; la pudeur qui a honte, et la honte qui se cache ; par des embrassemens, l'amour qu'elles distillent, la pensée qu'elles communiquent, les craintes qu'elles n'avouent pas ; dans leurs embrassemens enfin, le ciel qu'elles font rêver ou l'enfer qu'elles créent.
L'heure du départ venait de sonner.
— Tu promets de m'écrire aussitôt ton arrivée, ma chérie ?
— Pourquoi me le demander si souvent, Nancy?
Source : Gallica

Amédée Kermel Une âme en peine, par M. Amédée Kermel (1834)

Paris paradoxal, brusque, ironique, crédule jusqu'à la sottise. Sceptique jusqu'à l'abrutissement; applaudissant à Robespierre, qui décrète l'existence de l'EtreSuprême, et jetant aux vents les restes des Templiers; Paris traînant à force de bras le char funéraire de Lamarque et la charrette de Chénier; Paris exalté, froid, se ruant dans l'orgie du crime et le fanatisme de la vertu ; parodiant à la fois la morale des puritains et des convulsionistes, la foi de Calvin et l'incrédulité de Pyrrhon
— J'ai bien souffert avant d'arriver jusqu'à toi, Clémence.
— Comment cela, ange?
Source : Gallica

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