Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Madame Véronique : scènes de la vie forestière (1880)

Tout à coup une voix jeune et fraîche s'éleva non loin de là, Marion l'écouta avec stupeur. Cette voix chantait :
Elle s'en va, la fille blanche, Elle s'en va, Comme la feuille de la branche, Elle s'en va.
Vous ne verrez plus à la brune, Mes beaux amis, Plus brillants que le clair de lune, Ses blancs habite.
- Allons, entrons ! dit Urbain impatienté. —
Mais à peine eurent-ils mis le pied sur le seuil, que la jeune fille poussa un grand cri. Elle venait d'apercevoir, assis au coin du feu, l'homme
qu'elle redoutait le plus au monde, son beaupère.
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Madame Véronique : scènes de la vie forestière (1880)

Marion — je vous l'avoue avec peine — n'était pas faite pour comprendre l'amour poétique et sentimental. Elle aimait Urbain d'une façon toute païenne, comme devaient aimer Horace et Lydia, Ovide et Corinne, en un mot elle l'aimait avec ses sens et non autrement.
Voilà une passion bien vulgaire — Ah ! madame, regardez autour de vous et comptez : à part ces douces affections, ces tendres amitiés que fait naître l'habitude, que maintient l'idée du devoir et qui ne sont certes pas l'amour, trouvez-vous beaucoup de cœurs brûlant de ce feu pur de la passion, comme l'entendent les
spiritualistes ?
Source : Gallica

Portrait de André Theuriet André Theuriet Madame Véronique : scènes de la vie forestière (1880)

Madame La Faucherie, en voyant les traits bouleversés de la jeune femme, sentit combien elle avait été cruelle ; son cœur se serra et ses beaux yeux bleus devinrent humides. — Pardonnez-moi ! s'écria-t-elle en prenant les mains de Véronique ; la douleur de voir mes rêves déçus a donné à mes paroles une amertume qui n'est pas dans mon cœur. J'avais mis toutes mes espérances dans ce projet de mariage ; j'y voyais la joie de ma vieillesse, le bonheur et l'avenir de Gérard. Je l'aime tant !
Source : Gallica

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