Thérèse Bentzon

Thérèse Bentzon

Résumé

Portrait de Thérèse Bentzon Thérèse Bentzon Le Roman d’un muet

Les cinq années qui ont suivi, je les ai passées enfermée à Alligny. Lucienne est venue deux fois, et sa vue ne m’a fait que du mal. Lui, a eu la générosité de comprendre que nous ne devions jamais nous rencontrer en ce monde.
Comme une larme roulait sur ses doigts, que je baisai avec un respect douloureux :
— Ne me plaignez pas, ajouta-t-elle. J’ai aimé. Toute ma vie s’est résumée dans les huit jours qu’il m’a donnés, et je ne la changerais pas pour d’autres plus longues et moins troublées. Le bonheur ne se mesure point au temps. Une minute peut en contenir tout une éternité...
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Portrait de Thérèse Bentzon Thérèse Bentzon Le Roman d’un muet

Le soleil commençait à baisser ; le bleu du ciel devenait sombre ; la lumière n’entrait plus que discrète et voilée.
— Partons ! dit brusquement Suzanne.
En ce moment, la fermière était allée chercher un dernier plat de fruits ; sa fille, prenant le mot de madame d’Aubray pour un ordre, courut dire qu’on sellât les chevaux, et ils restèrent seuls, aussi troublés l’un que l’autre de cette solitude.
Suzanne s’était approchée de la fenêtre et tournait le dos à Gaston, qui la contemplait de loin. Au soubresaut convulsif de ses épaules, il crut deviner qu’elle pleurait.
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Portrait de Thérèse Bentzon Thérèse Bentzon Le Roman d’un muet

Quant à vous haïr aujourd’hui, rassurez-vous. N’avez-vous pas prévu autrefois l’indifférence pire que la haine ? Elle est venue. Je ne vous reproche rien, continua-t-elle en l’interrompant, du geste. Vous ne m’aviez fait aucune de ces promesses qui engagent. Votre tort a été de jeter à un autre le cœur dont vous ne vouliez plus, et encore ne puis-je me plaindre, puisque c’est à l’excès de votre mépris que j’ai dû le courage de vivre.
Elle évoquait avec force le souvenir de l’abandon de Gaston pour conjurer l’attrait fatal de l’heure présente.
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