Résumé

Anonyme Légendes humoristiques d’un conteur allemand…

Au milieu de la nuit pourtant, Eugenia se leva de sa couche, prit un lourd marteau, et sortit à pas furtifs du couvent, afin d’aller trouver l’idole et de la briser. Elle gagna sans difficulté le quartier resplendissant où s’élevaient les temples et les édifices publics, et dans lequel s’était écoulée sa première jeunesse. Pas une âme dans les rues désertes, parmi ces blocs de marbre endormis ; au moment où le faux moine gravit les degrés du temple, la lune se levait au-dessus des ombres de la ville, et elle projetait sa lumière crue entre les colonnes du vestibule.
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Anonyme Légendes humoristiques d’un conteur allemand…

Eugénia eut un sourire imperceptible ; elle ne rougit même pas, tant sa science et son esprit avaient maîtrisé en elle les délicates faiblesses de l’âme. Elle prit un air sérieux, et lui répondit en ces termes : Ton désir, Aquilinus, de faire de moi ta femme m’honore et me flatte ; mais il ne faut pas pour cela que je manque de sagesse, et ce serait en manquer que d’obéir sans nous connaître à un premier mouvement irréfléchi. Avant tout, si je me marie, je veux que mon époux comprenne mon être spirituel, qu’il sache respecter mes aspirations et les partager.
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Anonyme Légendes humoristiques d’un conteur allemand…

Comme spécimen de son talent, nous allons donner ici la première des sept légendes qu’il a essayé d’habiller à sa façon.
FRÈRE EUGENIUS. Quand les femmes, renonçant à toute ambition de beauté et de grâce, veulent briller par d’autres qualités, il arrive qu’on les voit prendre habit d’homme et se promener ainsi affublées. La manie de ces travestissemens paraît déjà au sein du monde légendaire de la première chrétienté, et plus d’une sainte de ce temps-là éprouve la velléité d’enfreindre l’usage traditionnel. Tel fut aussi le cas d’une jeune et jolie Romaine nommée Eugenia
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