Résumé

Portrait de Bernard Chocarne Bernard Chocarne Le R. P. H.-D. Lacordaire, de l'ordre des Frères-Prêcheurs… (1866)

C'est ici que la vie intime du Père Lacordaire commence à se révéler. Cette période ne contient aucun fait extérieur digne d'attention. Tout le mouvement est au dedans, tout l'intérêt se concentre dans cette conversation de l'âme avec elle-même où elle se peint tout entière. Ce ne sont plus les jeux brillants de plume et de parole de l'étudiant en droit, ce n'est pas encore le prêtre, l'orateur, le religieux : c'est l'homme. Tout le drame est dans cette âme qui se replie tristement sur elle-même, et se demande avec anxiété ce qu'elle est, et vers quels rivages l'incline sa destinée.
Source : Gallica

Portrait de Bernard Chocarne Bernard Chocarne Le R. P. H.-D. Lacordaire, de l'ordre des Frères-Prêcheurs… (1866)

Il était là, dans cette guerre cruelle et pleine de larmes, sur ces rives sanglantes où le bien et le mal se disputent l'empire d'un cœur de vingt ans, lorsqu'un jour, au milieu d'une rue, une idée le saisit; il arrête un coupé et se fait conduire rue de Vaugirard à l'ancien couvent des Carmes. C'est la résidence du Père Lacordaire ; ce nom lui a traversé l'esprit comme un éclair dans la nuit ; il espère en lui, il veut-avoir une parole du grand ami des jeunes gens sur le mal étrange qui le dévore. Il arrive ; c'est l'heure où le Père Lacordaire reçoit; il est introduit.
Source : Gallica

Portrait de Bernard Chocarne Bernard Chocarne Le R. P. H.-D. Lacordaire, de l'ordre des Frères-Prêcheurs… (1866)

C'est Dieu créant dans un cœur d'homme le tourment de l'éternel amour, la faim et la soif de l'infini, et se présentant lui-même pour guérir cette ineffable blessure : c'est l'âme sous l'étreinte divine. Fiançailles enivrantes et douloureuses à la fois, car c'est l'amour d'un Dieu juste qui poursuit de sa haine les moindres vestiges du mal dans l'âme, d'un Dieu saint qui ne veut rien de souillé dans le Moïse qui gravit la montagne ardente, d'un Dieu jaloux qui n'admet aucun partage. Un jour, dans la solitude profonde de son exil, l'âme élue s'entend appeler.
Source : Gallica

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