Résumé

Portrait de Claude-Henri de Fusée de Voisenon Claude-Henri de Fusée de Voisenon Exercices de dévotion de M. Henri Roch avec Mme la duchesse de Condor (1780)

C’est Voltaire, répond M. Henri Roch, — Mais j’entends parler de ce Voltaire comme d’un scélérat. Tout le monde me dit qu’il est damné. Je l’ai entendu dire par mon pere qui a beaucoup d’esprit, par mon mari, qui n’en manque pas, quoiqu’il ne vaille pas grand’chose pour les vapeurs, par Madame la Maréchale de Globroi, qui entend deux messes par jour. Et mon confesseur m’a souvent répeté ce que j’ai toujours entendu dire de ce Voltaire. Comment un damné peut-il dire de si belles choses ? — Madame, Paris est rempli de damnés, qui parlent beaucoup mieux que les Saints.
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Portrait de Claude-Henri de Fusée de Voisenon Claude-Henri de Fusée de Voisenon Exercices de dévotion de M. Henri Roch avec Mme la duchesse de Condor (1780)

Quiconque eût écouté, eut pendant une demi-heure entendu ce pieux concert pour l’amour de Dieu — pour l’amour de Dieu — pour l’amour, pour l’amour, pour l’amour, — de Dieu, de Dieu, de Dieu.
Ces actes d’amour finirent par un profond silence, que Madame la Duchesse rompit pour annoncer qu’elle n’avait point eu de distractions : je me sens mieux, dit-elle ; je me crois même entiérement guérie, à moins que je ne me trompe ; ce qui m’arrive quelquefois, & je fais mille remercimens à M. Henri Roch de toutes les peines qu’il a pris pour ma guérison & pour mon salut.
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Je ne le crois pas ; les femmes qui ne sont pas dévotes, en ont rarement. Puisqu’il en est ainsi, continua Madame, je vous demande la préférence. Je suis malade, vous le savez, & il n’y aurait point de charité de m’abandonner, après m’avoir vu dans l’état affreux, où j’ai été réduite ce matin. Je frémis de crainte, en pensant que toute la nuit je serai seule, exposée à mourir, après avoir été à la comédie ; ce qui m’avait été défendu par mon confesseur. Je sais bien que je n’y ai point fait du mal ; mais c’est une grande offense de Dieu de faire ce qu’un confesseur défend.
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