Comte Charles de Moüy

Résumé

Comte Charles de Moüy Revue des Deux Mondes

On sait le reste : l’ultimatum d’août 1807, le rappel du chargé d’affaires, la marche rapide de notre armée, l’audacieuse entrée de Junot, le 30 novembre, à la tête d’une avant-garde de 1500 hommes dans la capitale du Portugal, le départ de la famille royale pour le Brésil. C’étaient là de brillans exploits, une héroïque aventure militaire, mais rien de plus. Un prochain avenir devait démontrer que la victoire, souvent, n’est pas moins impuissante que la diplomatie : Junot, deux fois de suite, sur l’ordre de l’empereur, s’était heurté à l’impossible.
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Les idées de Midhat semblaient être une diversion utile, peut-être même le suprême recours de l’empire. Elles se confondaient d’ailleurs avec un sentiment, de tout temps assez fort en Turquie, mais qui était devenu général dans le monde politique de Constantinople, aigri de longue date par les prétentions tutélaires de l’Europe, je veux parler du désir ardent de repousser l’ingérence étrangère. Cette volonté était la note caractéristique de la situation : au palais, à la Porte, dans les mosquées, partout où l’on s’occupait des affaires publiques, elle se manifestait avec une intense activité.
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La Porte était satisfaite. D’une part, elle se pouvait dire plus libérale que la Russie et que la Conférence ; de l’autre, elle voyait, au commencement de la guerre, sa politique acclamée par une assemblée sinon très autorisée, du moins élue ; enfin, l’indépendance du Sultan, naguère menacée par les giaours, mais résolument sauvegardée, demeurait immuable, et, en envoyant ses troupes sur le champ de bataille, Abdul-Hamid agissait non seulement on maître, mais en prince complètement d’accord avec le vœu de ses peuples.
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