Comte Benedetti 

Résumé

Comte Benedetti  Revue des Deux Mondes

Aucun homme d’État, aucun ambassadeur n’en a été la dupe à aucun moment. Nous avons dit les admonestations invraisemblables que M. Hanotaux a dû infliger à l’ambassadeur de Turquie à Paris ; nous avons relevé la défiance toujours éveillée qu’inspiraient, à M. Cambon, les plus solennelles déclarations du sultan ; rien n’a pu corriger la politique tortueuse de ce prince.
C’est que le Turc appartient à une race vouée à l’immobilité. Ni l’éclat de la civilisation moderne, ni les revers de fortune, qu’il essuie depuis longtemps, ne l’ont jamais ému ; il se complaît dans les ténèbres.
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Comte Benedetti  Revue des Deux Mondes

N’avait-il pas raison, cet heureux souverain, de remercier le tsar d’avoir contenu l’Autriche et permis ainsi à la Prusse de pousser ses succès jusqu’à l’abus ? Faut-il croire que l’empereur Guillaume, revenu couvert de lauriers à Berlin, a lui-même perdu le souvenir des services reçus, ou bien que son principal ministre, désormais le prince de Bismarck, parvenu au sommet culminant rêvé par son ambition, a été pris de vertige, et que, se considérant dès lors comme l’arbitre unique des destinées de l’Europe, il a jugé superflu de compter avec ses amis de la veille ?
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Comte Benedetti  Revue des Deux Mondes

S’il n’a pas su soustraire la Grèce à ses égaremens et à la défaite, s’il n’est pas encore parvenu à dompter l’orgueil du sultan ni à lui imposer l’exécution d’engagemens solennels, s’il a même, dans une certaine mesure, compromis ses propres avantages en Orient, il a pu sauvegarder la paix générale, et il n’est que juste de lui en savoir gré.
A vrai dire, cette guerre tant redoutée inspire, à toutes les puissances, des inquiétudes plus ou moins vives, et nous voulons croire qu’aucune ne la désire.
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