Résumé

Contes et fables indiennes, de Bidpaï et de Lokman

Croyez-moi, puissant Roi, répondit le Bramine; il est constant que le fondement le plus solide d'une Monarchie, est posé sur cette maxime : que si un Monarque prête une fois l'oreille aux discours pernicieux des courtisans animés par envie, contre ceux qu'il a favorisés de sa confiance pour l'administration de ses affaires, il n'aura pas long-temps pour eux la considération qu'il doit avoir, il les éloignera, ou même leur fera perdre la vie. Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que l'on ne détruit pas un Ministre, que l'État n'en souffre considérablement.
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Contes et fables indiennes, de Bidpaï et de Lokman

En effet, il est constant que personne n'a de richesses, ni de quoi subsister, qu'autant qu'il plaît à Dieu. Quelque peine que l'on se donne, l'on n'en a pas plus pour cela, ni au-delà de ce qu'on en doit avoir. Qu'on se fatigue, ou que l'on demeure en repos, l'on n'a d'abondance ou de disette, qu'autant que le destin en a ordonné. Chacun a son destin de route éternité, qui n'est sujet à aucun changement, malgré tous les efforts & tous les soins du monde.
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Contes et fables indiennes, de Bidpaï et de Lokman

C'est, d'après ce principe, qu'un Sage a dit : ne donnez pas accès auprès de vous aux médisans, qui ne s'épargnent pas eux-mêmes en dardant leurs aiguillons les uns contre les autres. Ils témoignent de l'amitié en apparence ; dans le fond, ils n'ont d'autre intention que de tromper. Vénérable Philosophe & sage Bramine, j'espere que, pour me servir d'exemple & de modele sur ce sujet, vous me ferez l'histoire d'un favori ou d'un Ministre que les discours empoisonnés de l'envie auront privé de l'amitié de son Maître.
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