Résumé

D. R. Les paysans et le suffrage universel… (1869)

Dans cette solitude, dans cet isolement, dans cette misère que l'on vient de dépeindre, accablé du sentiment de sa faiblesse, mais en même temps entouré, comme d'un mur d'airain, par l'effroyable puissance de l'Etat, habitué et résigné, de la naissance à la mort, à toutes les extrémités de la crainte et de la servitude, avec la faculté de penser, innée en tout homme, il vit sans penser ; avec les organes de la vue et de l'ouïe, il reste aveugle et sourd; machine sans ressort, et que rien ne peut remuer, ni la vie sociale, ni la vie politique, ni un intérêt général quelconque.
Source : Gallica

D. R. Les paysans et le suffrage universel… (1869)

S'il subit tout passivement, s'il vote stupidement et aveuglément, c'est bien pis; car l'effet d'un tel vote répond nécessairement à la nature d'un tel vote;, toute portée morale, toute sanction morale en est absente.
La raison d'État ne connaît pas l'homme, elle veut fonder des gouvernements, et elle ne sait pas gouverner ; elle ne souffre aucune limite à son autorité, et elle dépense tout son génie à se créer des obstacles; à force d'exagérer le pouvoir, elle arrive à l'impuissance : l'abstention des paysans est un dernier hommage que la nature des choses réservait à la liberté.
Source : Gallica

D. R. Les paysans et le suffrage universel… (1869)

En matière de politique, une idée luttant contre une idée, un parti combattu par un autre parti, les tendances et les réactions contradictoires, tout cela, chose claire et familière dans la sphère où le gouvernement s'agite, est pour lui un inconnu que des voiles impénétrables environnent à tout jamais; car il est hors de l'Etat, hors de la nation, hors de la civilisation, hors de toute tendance progressive et idéale, aussi isolé, aussi immobile, aussi renfermé en lui-même que la borne de son champ, aussi enterré que le roc de sa colline.
Source : Gallica

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