Delly

Résumé

Delly,  Folie de sages (1978)

“ Sylvie, je vous aime !
Elle eut un tressaillement léger. Le sang colora un peu plus son visage. Elle étendit la main, d'un geste impératif.
— Taisez-vous, général ! Ce sont des mots que je ne puis entendre.
— Pourquoi ne les entendriez-vous pas? L'aimez-vous donc encore, ce Nigel qui vous abandonne ?
— Qui m'abandonne? Vous vous trompez, général. Nous sommes d'accord pour vivre chacun en toute liberté. Quant à l'amour, c'est un sentiment qui n'existera jamais chez moi.
Elle s'appuyait au piano, croisant les bras, regardant cet homme que la passion avait enlevé à son habituelle réserve.
”
Source : Gallica

Delly,  Folie de sages (1978)

“ Pendant ce petit débat, Sylvie était restée silencieuse, avec l'air de s'en désintéresser, comme si elle n'était pas en cause. Cependant, se souvenant de ce qu'elle lui avait dit naguère, Nigel savait combien vif devait être son désir. Il s'étonnait de cette maîtrise d'elle-même, chez une âme si jeune, et pensait : « Oui, elle est capable de
réaliser ce qu'elle veut, de tenir ferme dans sa résolution d'être une cérébrale, uniquement. Et, peut-être, après tout, n'a-t-elle que peu d'efforts à faire dans ce but, si elle est réellement aussi froide qu'elle le paraît. »
”
Source : Gallica

Delly,  Folie de sages (1978)

“ Son visage demeurait tourné vers la mer et ses doigts fins serraient autour d'elle la grande cape noire.
— L'âme de la mer? C'est le titre d'une symphonie à laquelle je travaille depuis quelques mois.
Sylvie se détourna et il rencontra le regard intéressé de ces yeux dont il n'avait pu encore discerner la couleur. Il vit alors qu'ils étaient verts, d'un beau vert profond et lumineux.
— Oh ! quelle admirable chose vous ferez sur ce sujet !
— Je m'y efforcerai, du moins... Il me semble, mademoiselle, que vous devez être une grande admiratrice des beautés de l'art et de la nature ?
”
Source : Gallica

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