Résumé

Dupont-White Revue des Deux Mondes

Être libre comme l’entend l’Anglo-Saxon, c’est n’obéir qu’à soi-même, c’est s’affirmer soi-même et tout entier, y compris l’égoïsme. Être centralisé et gouverné ainsi que les races latines y consentent, c’est obéir à la règle, à la loi morale, c’est prendre hors de soi son idéal et son impulsion.
Il n’est pas de peuple ainsi fait qu’on y obéisse, chacun et dans chaque cas particulier, spontanément, aux préceptes du droit. Une telle supériorité n’existe pas d’un peuple sur un autre, ce n’est point là ce que nous entendons par le goût du droit inné chez un peuple.
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Dupont-White Revue des Deux Mondes

« La nature, dit Kant, ayant donné à l’homme la raison et le libre arbitre qui s’y fonde, c’était dès lors clairement indiquer comment elle entendait qu’il pourvût à sa destinée : il ne devait pas être guidé par l’instinct, ni muni et éclairé d’une connaissance innée; mais il devait tout tirer de lui-même. » Rien ne ressemble moins que cet oracle aux faits dont nous avons le spectacle et la conscience. L’individu, l’espèce, la société, autant de choses voulues d’en haut apparemment, et qui ne relèvent pas uniquement de la raison. Tout cela subsiste par la grâce des instincts.
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Dupont-White Revue des Deux Mondes

Si nous excellons, centralisés que nous sommes, à tous les arts de l’esprit et à toutes les prospérités économiques, il faut bien croire que la centralisation ne jette pas un voile et une chaîne sur l’esprit, sur les forces d’une nation. Elle n’a pas nui à nos facultés industrielles et intellectuelles : pourquoi nuirait-elle à nos propriétés, à nos destinées politiques et libérales?
Un régime sous lequel un pays doit décliner et s’abîmer, c’est ainsi qu’on nous représente la centralisation. Un pays centralisé, mais vivant et progressif, telle nous apparaît la France.
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