Édouard Laboulaye,
L'État et ses limites : suivi d'essais politiques sur Alexis de Tocqueville…
(1863)
“ Comment se fait-il qu'un pays, sans unité matérielle, sans uniformité administrative, soit animé d'un patriotisme si jaloux? Comment se fait-il qu'un peuple rempli de dissidents, d'illuminés, de charlatans, fasse à la religion une si grande place dans la vie? Comment se fait-il que la presse soit agitée, les chambres émues, et les esprits tranquilles? Tout cela tient à la liberté. On aime d'autant plus la patrie, qu'on est plus fier de ses droits de citoyen. On est d'autant plus religieux qu'on a choisi soi-même sa foi, et que la main des hommes ne vient point troubler nos rapports avec Dieu. ”
