Résumé

Ernest Gaubert Le français langue universelle

Ceci est un apologue, et qui veut dire qu’une science — la théologie fut longtemps la seule science et les comprenant toutes — qui développe dans une langue morte, ou factice, ses travaux et ses conclusions, se condamne à n’avoir qu’une influence presque nulle sur la marche des idées. Les congrès d’esperantistes pourront faire édicter des lois d’hygiène et même de morale, comme les conciles, des prescriptions religieuses ; et le monde obéira sans doute, mais sans comprendre.
La science voudra-t-elle s’isoler et renoncer à l’influence qu’elle commence à prendre dans le monde ?
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Ernest Gaubert Le français langue universelle

C’est la langue française, la même qui retentit par dessus le fracas des armes, aux heures de l’héroïsme militaire, la même qui préside à la discussion des traités fixant le sort des peuples, la même qui flotte autour de la beauté de Bérénice, pâmée aux feux de la rampe, la même qui sonne au bois des tribunes populaires d’où s’envola, sur l’avenir et l’univers, la liberté, la même enfin, la même surtout qui a traduit les sanglots et les joies, toutes les délices et toutes les révoltes de la passion et la même qui caresse le mieux le cœur mouvant des amoureuses.....
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Ernest Gaubert Le français langue universelle

La langue est un produit du sol, de la race, de la culture, du ciel, de la richesse économique d’un pays. Elle doit varier comme les vins et les fruits. Je ne vois pas la même parole latine, autour des mousses d’Ay, des muscats d’Alicante et des bières de Munich, je ne vois pas la même langue louangeant une cigarière de Séville ou une barmaid de New-Yorck. Langue morte, le latin convenait pour classer des fleurs mortes des herbiers. Pour la flore vivante, le savant lui-même prononcera le nom local, toujours pittoresque.
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