Résumé

Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 novembre 1866

Cet opéra de Crispino e la Comare, qui fut pour nous, l’hiver passé, une révélation, était depuis quinze ans et plus, pour l’Italie, le secret de Polichinelle. Musique agréable, courante, amusante, facile et prompte à vous donner tout ce qu’elle a sans se faire prier, on l’aima d’abord un peu pour elle-même ; aujourd’hui on en raffole pour les beaux yeux de la Patti, qui la chante haut la main, haut le pied, car elle y danse à vous ravir d’aise. Impossible d’avoir dans le gosier plus de perles à égrener sur un tissu que, somme toute, on ne risque guère à trop vouloir broder.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 novembre 1866

Celle-ci satisfait pourtant, reconnaissons-le, à l’une des lois les plus essentielles du théâtre, la loi de progression. Engagés dans la voie de l’absurde, nous nous y embourbons à chaque pas davantage ; il faut à la fin un dieu pour nous en tirer. Une fois résolu à se dépouiller de sa fortune, le jeune Berteau quitte la maison, emportant pour tout bien sous son bras le cher portrait de son vrai père ; il s’en va la conscience satisfaite, — il a vu rougir sa mère devant lui. Mais le mariage rompu à ce moment suprême est un scandale dont tout le monde cherche vainement l’explication.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 novembre 1866

Comme ces acteurs du théâtre fiabesque auxquels Gozzi se contente de livrer le tracé d’une pièce, vous complétez le scénario, vous rendez à ces personnages la physionomie, le geste, l’inspiration d’une Malibran, l’accent suprême d’un Rubini ; vous entendez ces grandes voix éteintes, ces nobles génies disparus vous parler par la bouche des ombres chinoises qui s’agitent devant vos yeux. On nous reproche d’aimer les vieilles cantatrices, c’est absolument comme si l’on accusait M. Cousin d’aimer les vieilles femmes parce qu’il se complaît dans l’étude et l’admiration des héroïnes de la fronde.
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