Résumé

Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

Au théâtre, le fantastique n’agit qu’autant qu’il a été habilement préparé. Amener l’effet et, quand arrive l’instant de le produire, n’en user qu’avec la discrétion la plus sévère, c’est l’art des maîtres, l’art immense d’un Mozart dans l’apparition du commandeur, où les trombones sont introduits pour la première fois, et avec quelle puissance alors et quelle inouïe solennité ! À ce compte, il ne saurait y avoir d’opéra fantastique en un acte. Ce n’est pas la lumière électrique qui fait le spectre, c’est l’imagination et la science du poète.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

PHILINNIUM, l’attirant violemment sur son sein. — Machates, mon fiancé, mon amour ne s’est pas démenti, car l’amour est infini, éternel, et son règne s’étend de l’autre côté de la vie ; mais je veux que le tien aussi se transforme, et tu verras alors que jusque dans les bras de la mort il goûtera les jouissances de la vie. Tu pâlissais tantôt quand ma mère te parlait de l’existence future et des âmes trépassées ; pourquoi ? le baiser de la mort n’est glacé qu’autant que ta veine bat des pulsations de la vie terrestre.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…

Voilà quelle eût dû être à notre sens l’interprétation dramatique de la pensée de Goethe. Ne voir dans un pareil poème qu’une légende ordinaire, un conte de revenans à mettre en musique pour donner au public du ballet nouveau le temps d’arriver, c’est assurément se tromper d’époque. On dira : Le théâtre, la musique surtout, ne sauraient que faire de ces subtilités métaphysiques. C’est possible, quoique avec Beethoven on en ait bien vu d’autres ; mais alors pourquoi cette manie de toucher aux plus grands sujets pour les découronner de l’idée qui fait leur gloire ?
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