Eugénie Pradez,
Une Idylle à Lausanne
“ Une fois déjà l’appel de ce bienveillant regard de jeune homme l’avait entraînée à une confiance sans raison d’être vis-à-vis d’un étranger. Elle n’acheva pas et le jeune baron respecta son silence. Il venait de soupçonner chez cette enfant un froissement intérieur, une inconsciente souffrance, créée par l’incessante proximité d’une nature sans délicatesse, presque grossière, à laquelle pourtant la reconnaissance du cœur l’enchaînait. Tout le petit drame intime, silencieux, invisible, qui se jouait dans cette vie de dix-huit ans lui apparut en contours précis et son cœur bon s’apitoya. ”
