Résumé

F. Charmes Revue des Deux Mondes

L’atmosphère politique s’est transformée. Avec les hommes qui s’en vont, et dont le plus puissant a été M. de Bismarck, tout un système s’émiette et disparaît. D’autres générations ont envahi la scène, et jamais génération n’a accepté tel quel et sans bénéfice d’inventaire l’héritage de celle qui l’a précédée. Ce qui s’est passé entre l’empereur Guillaume lui-même et M. de Bismarck qu’il a congédié n’est pas un incident, mais un symptôme. L’Europe mue, et rien ne l’arrêtera dans l’évolution inévitable.
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F. Charmes Revue des Deux Mondes

On peut beaucoup médire du suffrage universel, mais, dans un pays comme le nôtre, lui seul est dépositaire de la force politique. Nous n’avons plus une aristocratie organisée qui trouve dans les souvenirs et les traditions du passé un prestige propre à se convertir en valeur constitutionnelle. Nous n’avons plus un roi, ni un empereur, qui puissent à leur tour communiquer quelque chose d’eux-mêmes aux pairs ou aux sénateurs qui émaneraient d’eux.
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F. Charmes Revue des Deux Mondes

Au milieu de ces obscurités commodes, la bonne foi elle-même risque de s’égarer et la mauvaise de se trouver trop à l’aise. « On peut se demander, dit M. de Marschall, si le nombre plus grand des alliances et des traités accroît la valeur de chaque alliance et de chaque traité en particulier, ou si, au contraire, cette complexité d’assurances ne fait pas courir le danger qu’au moment décisif aucune assurance n’existe plus. » Il est difficile de mieux penser, ni de mieux dire, et on ne sait vraiment si M. de Marschall est plus grand philosophe ou plus grand diplomate dans cette affaire.
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