François Mauriac,
Le baiser au lépreux
“ Un mot du curé la fait rire brièvement mais assez pour que de la haie pure de ses dents, Jean Péloueyre isole une canine un peu mate—douteuse. Son examen empêche les larges et sombres yeux de se lever vers lui; peut-être regarde-t-il Noémi afin de n'être pas regardé par elle. Dieu merci! le curé sait parler seul et prêcher à bâtons rompus. En dépit de sa ronde petitesse, rien en lui n'est jovial. Malgré la corpulence, l'austérité intérieure transparaît. Peu compris des métairies, il est aimé du bourg où, sous sa direction, plusieurs âmes avancent haut et loin dans la vie spirituelle. ”
