Résumé

G. Dargenty Eugène Delacroix, par lui-même (1885)

Par certains côtés Delacroix est un fils de Rubens ; il est fiils impressionné, sentimental et vibrant, de cette famille d'artistes grands, féconds, indépendants, qui ne relèvent que d'eux-mêmes, et dont la nature se réfléchit dans le miroir d'un art franc, expression directe de leur tempérament et de leur génie. Pour des hommes de la
valeur de Delacroix, l'œuvre de Rubens n'est qu'un bain salutaire, un stimulant aigu, qui ne saurait dans aucun cas déprimer le talent, mais au contraire double les forces, rend les muscles souples et le cerveau lucide.
Source : Gallica

G. Dargenty Eugène Delacroix, par lui-même (1885)

Sans avoir recours à l'opium, qui n'a connu ces admirables heures, véritables fêtes du cerveau, où les sens plus attentifs perçoivent des sensations plus retentissantes, où le ciel d'un azur plus transparent s'enfonce comme un abîme plus infini, où les sons tintent musicalement, où les couleurs parlent, où les parfums racontent des mondes d'idées ? Eh bien ! la peinture de Delacroix me paraît la traduction de ces beaux jours de l'esprit. Elle est revêtue d'intensité et sa splendeur est privilégiée. Comme la nature aperçue par des nerfs ultra-sensibles, elle révèle le surnaturalisme.
Source : Gallica

G. Dargenty Eugène Delacroix, par lui-même (1885)

Dans les ouvrages où l'artiste a commencé par un détail sans rapport avec une idée préconçue, le malheureux ne peut plus, jusqu'à la fin, se sauver que par l'imitation exacte de ces détails, qui ont été l'occasion de sa mince inspiration. Sans doute, le modèle est nécessaire et presque indispensable, mais ce n'est qu'un esclave qui doit obéir à la partie de l'invention ; on lui emprunte quelques détails caractéristiques que l'imagination la plus privilégiée ou la mémoire la plus fidèle ne pourraient reproduire, et qui donnent une sorte de consécration à la partie imaginée.
Source : Gallica

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