Résumé

G. Scheid L'Oeuvre de Puvis de Chavannes à Amiens (1907)

Et le reste, au fond, est un vivant paysage de côtes, de mer et de ciel ; une mer dense, montant à l'horizon comme un mur d'azur net et ferme, une mer vigoureuse s'éclairant, au bord, de limpidités vertes, sévère et, pourtant, souriant sur les récifs en écumes légères. Les crêtes bleuâtres, où se soulève la côte, semblent des vagues immenses rythmant dans le ciel le galop de leurs houles. Le plus lointain sommet, au-delà de l'horizon de mer, est tout vivant des reflets de l'eau et du ciel et l'on voit passer, aux tons de ses rocs, les influences d'un soleil lointain.
Source : Gallica

G. Scheid L'Oeuvre de Puvis de Chavannes à Amiens (1907)

Puvis de Chavannes a abouti à ces hauts spectacles. Il a commencé par peindre l'instinct, il a fini par exprimer la pure poésie, l'idéal. A la fin de son œuvre, dans le panneau qui orne la bibliothèque de Boston les Muses quittent légèrement la terre et s'élèvent d'un élan intérieur en dressant des lyres et des palmes dans l'air calme vers le dieu jeune de la poésie et de la beauté, de qui rayonne une lumière invisible aux yeux de la chair. Ce qui ne manque pas à l'œuvre de l'artiste manque à celle qu'il a laissée à Amiens. Il faut le regretter sans l'en accuser.
Source : Gallica

G. Scheid L'Oeuvre de Puvis de Chavannes à Amiens (1907)

Et la vie de l'esprit fait un tout ici avec celle du corps même ; point de mouvement de la pensée qui ne meuve le corps ; point de geste que l'attention ne dirige : voilà l'essentiel élément de la beauté de cette œuvre et de la force comme de l'unité d'impression qu'on en reçoit. Point de gestes vides, point de pensée dont le corps ne s'anime : des êtres uns, entiers, qui ignorent la distinction du corps et de l'âme, qui ne pensent que pour vivre immédiatement, c'est-à-dire pour agir, et qui n'agissent jamais que par un instinct précis.
Source : Gallica

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