Résumé

G. de Molinari Les approvisionnemens de Paris à la fin du siége

Paris ravitaillé conserve, hélas ! après quinze jours, la même physionomie que Paris assiégé ; les véhicules de toute sorte y sont même devenus plus rares, il n’est pas question encore du retour du gaz, et l’on s’aperçoit trop que le « problème » du ravitaillement est loin d’être résolu pour les subsistances. Chose triste à dire : pendant un demi-siècle nous avons vanté la perfection de notre police et de notre administration, et voici qu’au moment même où ces institutions, « que le monde nous envie, » nous seraient le plus nécessaires, elles nous font défaut.
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G. de Molinari Les approvisionnemens de Paris à la fin du siége

À peine la convention qui mettait fin au siège était-elle signée qu’on voyait reparaître aux halles et ailleurs, comme par un coup de baguette, un certain nombre de denrées et de comestibles qui avaient à peu près disparu depuis quelque temps. Ce phénomène était facile à expliquer et même à justifier. Personne ne sachant au juste quand finirait le siège, le commerce ménageait ses provisions de manière à les faire durer le plus longtemps possible ; sa prévoyance était d’accord avec son intérêt particulier, mais ne répondait-elle pas aussi à l’intérêt général ?
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G. de Molinari Les approvisionnemens de Paris à la fin du siége

Pouvait-on blâmer ceux qui restaient sur la brèche de profiter du monopole que leur valaient leur persévérance et leur ingéniosité ? Les prix avaient beau s’élever en même temps, que les consommations naissaient en quantité et en qualité, les consommateurs s’étaient-ils pas encore les obligés de ces agens intéressés, mais secourables, du rationnement par la cherté ? Que serait devenue la clientèle des restaurant, si M. le maire de Paris avait jugé à propos d’appliquer aux « additions » des restaurateurs le niveau du maximum ?
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