Résumé

Henri Pajon Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques

Avez vous quelque inquiétude, mon cher Prénany ? Dites-moi ce qui vous attriste. Je n’ai point de chagrin répondit le prince ; je songe seulement que je voudrois être fille pour que vous m’aimassiez d’avantage. Vous vous moquez, dit la princesse ; vous seriez aussi fille que ma gouvernante, que je ne vous en aimerois pas plus pour cela. Est-ce que l’on aime mieux les filles que les garçons ? Oui, sans doute, repartit le prince. Je suis persuadé, par exemple, que quand Solocule passoit pour une fille, vous l’aimiez plus que vous ne faites à présent.
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Charmante fée, dit Agis, ne me faites plus la guerre : ce que vous me dites hier, pendant la journée, m’a fait toutes les peines du monde ; mon seul désir est de vous plaire, & rien ne me chagrinera plus que de n’y pas réussir. Ah ! dit la fée d’un air riant, je ne voulois que badiner : toutes les femmes n’ont-elle pas leurs petits caprices ? Mais si je vous ai fâché, faisons la paix, ajouta-t-elle en lui tendant la main. Quelle condition voulez-vous y mettre ? Si je vous demandois, dit Agis en s’approchant, la permission de baiser cette belle main que vous me présentez ?...
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Ce coup de sifflet causa au jeune page un frémissement dont la fée s’aperçut. Ne craignez rien, lui dit-elle en riant, le tambourin n’est pas ici. J’en suis ravi pour la compagnie, dit Agis ; il n’est bon que pour les Dondiniens. Cet homme-là, dit Fêlée, n’est pas des amis d’Agis, il m’a pourtant rendu un si grand service, que je ne puis me dispenser de vous demander de ses nouvelles. Je gagerois, dit Agis, qu’il est mort de lassitude au pied de quelque buisson ; il ne pouvoir pas résister long-temps au métier qu’il faisait.
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