Résumé

Henry James Le Premier amour d’Eugène Pickering…

Quoique fille des croisés et née au sein de la féodalité, je suis une révolutionnaire. J’ai une passion pour la liberté, — la liberté illimitée. C’est dans votre république que je voudrais me réfugier. Quel merveilleux spectacle qu’un grand peuple libre de faire ce qui lui plaît et ne faisant rien de mal !
Je répondis modestement qu’après tout les libertés, pas plus que les vertus d’un Américain, ne sont illimitées.
— N’importe, n’importe ! répliqua-t-elle en désignant Pickering avec son éventail, j’aimerais à voir le pays qui a produit ce merveilleux jeune homme.
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Henry James Le Premier amour d’Eugène Pickering…

Pickering me regarda d’un air intrigué. — N’est-ce pas ce qu’on dit des mauvaises femmes ? demanda-t-il.
— De quelques-unes, de celles que l’on découvre.
— Eh bien ! je n’ai rien découvert au détriment de Mme Blumenthal.
— Si c’est là son nom, je présume qu’elle est Allemande.
— Oui. Cela ne l’empêche pas de parler anglais sans plus d’accent étranger que toi ou moi. Elle a beaucoup d’esprit, et son mari est mort.
Le rapprochement de ces deux mérites me fit rire, et le regard naïf de Pickering parut m’interroger sur le motif de mon hilarité.
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Henry James Le Premier amour d’Eugène Pickering…

À la fin du premier acte, je vis que l’auteur de Cléopâtre avait pour cavalier son jeune admirateur. Il se tenait derrière elle, regardant par-dessus son épaule et l’écoutant d’un air charmé, tandis que la dame agitait son éventail avec lenteur. Elle parcourait des yeux la salle, et je me figure que ceux des spectateurs dont elle parlait n’auraient pas été ravis de l’entendre. La lorgnette de Pickering suivait les indications qu’on lui donnait ; ses lèvres demeuraient entr’ouvertes, comme cela lui arrivait chaque fois qu’une conversation l’intéressait.
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