“ Partout, sur les places désertes, sur les passants enveloppés et mornes, sur les visages tristes, sur les pans de murs écroulés, sur les maisons basses, muettes et rares, l’œil de la pensée croit voir se projeter les longues et mélancoliques ombres d’un soleil couchant. Malgré tout cela, à cause de tout cela peut-être, Worms, encadrée par le double horizon des Vosges et du Taunus, baignée par son beau fleuve, assise parmi les innombrables îles du Rhin, entourée de son enceinte décrépite de murailles et de sa fraîche ceinture de verdure, Worms est une belle, curieuse et intéressante cité. ”
Taunus
Définition et enjeux
Le Taunus, chaîne montagneuse située à l’ouest de la Rhénanie, a longtemps fasciné les esprits par son paysage et son rôle historique. Victor Hugo, dans Le Rhin, évoque son horizon comme un décor à la fois mélancolique et poétique, tandis qu’Alfred Driou célèbre sa beauté naturelle en décrivant les vues qu’il offre.
Le thème apparaît aussi dans des récits légendaires, comme celui de Tannhäuser, interprété par Judith Gautier comme un conflit spirituel. Charles-Félix Bellet, quant à lui, rattache le Taunus à des mutations historiques, soulignant son rôle dans l’évolution des sociétés. Ces approches, mêlant géographie, mythologie et histoire, révèlent la richesse du Taunus, croisement de paysages, de cultures et de mémoires collectives.
Citations sur “Taunus”
Victor Hugo,
En voyage, tome I
“ Où cesse la certitude historique, l’imagination fait vivre l’ombre, le rêve et l’apparence. Les fables végètent, croissent, s’entremêlent et fleurissent dans les lacunes de l’histoire écroulée, comme les aubépines et les gentianes dans les crevasses d’un palais en ruine. La civilisation est comme le soleil ; elle a ses nuits et ses jours, ses plénitudes et ses éclipses, elle disparaît et reparaît. Dès qu’une aube de civilisation renaissante commença à poindre sur le Taunus, il y eut sur les bords du Rhin un adorable gazouillement de légendes et de fabliaux ”
Alfred Driou, Pérégrinations en Suisse, en Savoie… (1880)
“ Au centre de la cour du château, se dresse la statue équestre, en bronze, du landgrave Frédérik II. La beauté du lieu est le Parc, parc très vaste, fort accidenté, et sillonné par un cours d'eau, où des carpes de tous les âgei batifolent et appellent l'attention des promeneurs. Mais ce qui excite surtout l'admiration, c'est la longue chaîne du Taunus, dont les dernières rampes servent de base à la ville, et qui sert d'encadrement aux plus heureuses perspectives que le regard cherche toujours et dont il ne se lasse jamais. ”
