Résumé

Honoré d’Urfé L’Astrée/deuxième partie

Et qu’est-ce, Hylas, dit Tircis, qui te semble plus esloigné de la verité ? – Toutes les choses que vous venez de dire, respondit l’inconstant, sont de telle sorte hors d’apparence, que je ne sçaurois marquer celle qui l’est d’avantage. Qu’Amour ne desire rien hors de soy-mesme ? Tant s’en faut, on voit le cintraire, puis que nous ne desirons que ce que nous n’avons pas. – Si vous entendiez, respondit Tircis, de quelle sorte par l’infinie puissance d’amour deux personnes ne deviennent qu’un, et une devient deux, vous connoistriez que l’amant ne peut rien desirer hors de soy-mesme.
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Honoré d’Urfé L’Astrée/deuxième partie

Ce sera, respondit Silvandre, le contraire d’amour ; car si l’exremité deffaut à l’affection, telle affection n’appartient non plus à l’amour que le froid au chaud, et si la fidelité manque à l’extreme affection, c’est une trahison, et non pas une amour. Que si la fidelité y est non pas continuée ou pour mieux dire, perpetuelle, ce n’est pas fidelité, mais perfidie. Voyez donc, Hylas, et confessez que j’ay eu raison de dire, que qui n’avoit qu’une partie d’amour n’en avoit rien du tout.
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Honoré d’Urfé L’Astrée/deuxième partie

Et croyez-vous, continua Leonide, que Diane n’ait rien aimé, ou qu’elle n’ayme rien encores ? – Je ne sçay, respondit Lycidas, ce qui est du passé ; mais pour cette heure je croy qu’elle laisse toute l’amour aux autres. – Vous me dites, repliqua Leonide, de mauvaises nouvelles pour Paris. – Voilà que c’est, dit le berger, que de la sottise de nos villages ; si ne puis-je penser que Diane ressente avec amour, l’honneur que Paris luy fait. Toutesfois, si j’estois deceu, je ne serois pas le premier trompé au jugement des femmes.
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