Résumé

Honoré d’Urfé L’Astrée/première partie

La voicy vestue presque en despit de ceux qui la regardent, eschevelée, un bras nud, et la robbe d’un costé retroussée plus haut que le genouil. Je croy qu’elle vient de faire quelques sortileges, mais jugez icy l’effect d’une beauté.
Ceste vieille que vous voyez si ridée qu’il semble que chaque moment de sa vie ait mis un sillon en son visage, maigre, petite, toute chenue, les cheveux à moitié tondus, toute accroupie, et selon son aage plus propre pour le cercueil que pour la vie n’a honte de s’esprendre de ce jeune berger.
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Honoré d’Urfé L’Astrée/première partie

Cependant ce courtois Polemas, que vous louez si fort, le blessa en deux ou trois endroits à son advantage, d’où je veis le sang rougir la terre. Mais s’il a la mort pour ce subjet, c’est le moindre mal qu’il ait receu de vous, car se voir mespriser, ayant bien fait son devoir, est, ce me semble, un déplaisir auquel nul autre n’est égal. Mais madame, vous plaist-il pas de vous ressouvenir qu’autrefois vous m’avez dit, en vous plaignant de luy, que pour esteindre ces discours de Polemas, s’il n’y sçavoit point d’autre remede, il se devoit servir du fer et du sang ?
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Honoré d’Urfé L’Astrée/première partie

Ceste vieille eschevelée qui leur est aupres, c’est mandrague la magicienne, qui les trouvant morts, maudit son art, desteste ses demons, s’arrache les cheveux et se meurtrit la poitrine de coups. Ce geste d’eslever les bras en haut par dessus la teste, y tenant les mains joinctes, et au contraire de baisser le col et se cacher presque le menton dans le sein, pliant et s’amoncelant le corps dans son giron, sont signes de son violent desplaisir, et du regret qu’elle a de la perte de deux si fidelles et parfaicts amants, outre celle de tout son contentement.
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