Honoré d’Urfé

Élements biographiques

Honoré d’Urfé L’Astrée/deuxième partie

Et qu’est-ce, Hylas, dit Tircis, qui te semble plus esloigné de la verité ? – Toutes les choses que vous venez de dire, respondit l’inconstant, sont de telle sorte hors d’apparence, que je ne sçaurois marquer celle qui l’est d’avantage. Qu’Amour ne desire rien hors de soy-mesme ? Tant s’en faut, on voit le cintraire, puis que nous ne desirons que ce que nous n’avons pas. – Si vous entendiez, respondit Tircis, de quelle sorte par l’infinie puissance d’amour deux personnes ne deviennent qu’un, et une devient deux, vous connoistriez que l’amant ne peut rien desirer hors de soy-mesme.
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Honoré d’Urfé L’Astrée/première partie

La voicy vestue presque en despit de ceux qui la regardent, eschevelée, un bras nud, et la robbe d’un costé retroussée plus haut que le genouil. Je croy qu’elle vient de faire quelques sortileges, mais jugez icy l’effect d’une beauté.
Ceste vieille que vous voyez si ridée qu’il semble que chaque moment de sa vie ait mis un sillon en son visage, maigre, petite, toute chenue, les cheveux à moitié tondus, toute accroupie, et selon son aage plus propre pour le cercueil que pour la vie n’a honte de s’esprendre de ce jeune berger.
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Honoré d’Urfé L’Astrée/troisième partie

Je monstreray par mon unique affection que comme il n’y avoit rien qui fust capable de m’apprendre à aymer que la seule beauté de Diane, de mesme il n’y a point d’autre cœur qui puisse jamais arriver à l’aymer ; et j’apprendray aux plus sçavans par l’eternelle durée de mon amour, qu’ils se trompent, quand ils nous enseignent que tout ce qui a eu commencement doit avoir une fin, car, ô Phillis, cette affection que vous vous vantez d’avoir veu naistre, ne vous servira pas seulement, mais tous les siecles à venir.
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