J. de Landerose, La chèvre-blanche : journal d'un ermite (1878)
“ Bouquinton vient de partir, ramenant sa carriole au château de Val-Mireau. J'ai pris une pipe turque des mains d'Aoudi, à qui j'ai ordonné d'aller se coucher, et je suis venu m'accouder sur la galerie. La lune brille de tout son éclat, projetant devant moi, sur le gazon fraîchement tondu, la silhouette du moulin; l'air est tiède et doucement imprégné des senteurs de la campagne. C'en est donc fait! je suis seul au monde; ma respiration et celle du pauvre esclave couché à mes pieds sur une natte, voilà tout ce qui peut donner à cette solitude l'apparence de la vie! ”
