Jean-Marie Dargaud

Résumé

Jean-Marie Dargaud Un voyage à Cluny (1845)

L'érudition bénédictine est proverbiale. Tous les couvents de ce grand ordre furent les dépositaires, les gardiens des manuscrits les plus précieux qui furent copiés, commentés par les moines, par saint Grégoire-Ie-Grand, Bède, Alcuin, et mille autres d'une égale renommée.
Un mérite singulier de Cluny, un mérite immense, c'est le rôle conciliateur de ses abbés dans toute la suite de l'histoire. L'abbé de Cluny fut presque toujours le diplomate de la paix, au milieu de l'Europe, le Talleyrand religieux des papes, des rois et des peuples.
Source : Gallica

Jean-Marie Dargaud Un voyage à Cluny (1845)

Après Pierre-le-Vénérable, l'abbaye déclina de siècle en
siècle. L'élection passe des moines aux rois et à leurs ministres. Les grandes familles de la cour s'abattent sur ces riches domaines comme sur une proie. Les maisons de Bourbon, de Guise, de Bouillon, de Larochefoucauld, gouvernent successivement, et de loin, le monastère; les nobles abbés sont plutôt des propriétaires avides que des chefs religieux. L'abbaye devient un domaine privé.
Source : Gallica

Jean-Marie Dargaud Un voyage à Cluny (1845)

De là le secret de tant de puissance et de richesses. Le respect des fidèles, la reconnaissance des pontifes et des princes furent sans limites, et des dons prodigieux comblèrent l'abbaye.
Cette prospérité fut toujours croissante jusqu'à saint Hugues , le fondateur de la colossale Église ; jusqu'à Pierre-le-Vénérable, le plus illustre des abbés de Cluny, l'ami de saint Bernard et de Suger; l'écrivain abondant, souple, onctueux, intarissable, le Fénélon du cloître; l'hôte sublime sur le sein duquel Abeilard vint reposer sa tête blanchie et son cœur désolé
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature