Résumé

Jocelyn Sernhac Le Crédit gaulois, histoire d'une femme nue (1884)

Raoul, Raoul, faisait Rubignard, mais ce n'est pas un jobard ; et puis, que lui feraient quelques millions de plus, à lui ? Je l'en ai gavé.
– Assurément, pour les millions, reprenait Claire, mais pour le reste.
Et elle riait, à présent.
Un amoureux, on lui fait croire tout ce que l'on veut, s'il s'étonne.
S'il questionne, inquiet, on fait l'étonnée, on ignorait, et l'on prétexte un accident, une glissade, et s'il insiste, on rougit, et on se penche à son oreille, on avoue mille petites choses qui font oublier la grosse.
Source : Gallica

Jocelyn Sernhac Le Crédit gaulois, histoire d'une femme nue (1884)

Claire continua :
– Deux femmes sont en moi : la vierge et la prostituée.
– Gadédis ! fit Raoul, n'y comprenant plus rien encore.
– La vierge, c'est la jeune échappée du couvent, dont le coeur est resté fidèle à son idéal, au rêve de toutes ses nuits, l'amante affolée de désirs, qui s'est pâmée dans les bras de cette chimère, et cette chimère est une réalité depuis que je t'ai vu. La prostituée, c'est mon corps, qu'un autre a violé, puis volé, puis pris parce que je le lui ai donné, alors qu'il matérialisait mon rêve, et que c'était toi que je possédais en lui. Tu ne comprends pas ?.
Source : Gallica

Jocelyn Sernhac Le Crédit gaulois, histoire d'une femme nue (1884)

Pendant que Rosalinde s'habillait tranquillement, Rubignard se précipita dans la chambre de Claire, qui rêvait les yeux ouverts.
Lorsqu'elle eut lu la dépêche, une lueur fauve passa dans ses yeux, elle bondit hors du lit, demi-nue, et s'écria :
– Enfin !
– Enfin quoi ?
– Rien. Je me trompe peut-être. Il faut aller voir ce qu'on te veut.
– Cependant, tu as dit : enfin.
– Une idée. Je ne sais.
Elle se ravisait.
Et ne voulant pas s'expliquer davantage, elle mit son beau-frère à la porte, en riant aux éclats, et s'habilla prestement.
Source : Gallica

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