Résumé

L’Ecclésiaste : un temps pour tout

L’auteur est loin d’être un des insensés qui disent : « Dieu n’est pas. » On peut le trouver sceptique, matérialiste, fataliste, pessimiste surtout ; ce que sûrement il n’est pas, c’est athée. Nier Dieu, pour lui, ce serait nier le monde, ce serait la folie même. S’il pèche, c’est parce qu’il fait Dieu trop grand et l’homme trop petit. Dieu a créé le monde pour montrer sa puissance ; il crée perpétuellement toute vie ; les fins qu’il s’est proposées dans la création de l’univers et de l’homme sont impénétrables. Mais comment ne pas s’incliner devant un être si puissant ?
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L’Ecclésiaste : un temps pour tout

La foi en la science soutient la Grèce, Le Cohélet est l’œuvre d’une absolue décrépitude. Jamais on ne fut plus vieux, plus profondément épuisé. Et dire que ce livre de scepticisme, à la fois élégant et morne, fut écrit peu de temps avant l’Évangile et le Talmud !... Peuple étrange, en vérité, et fait pour présenter tous les contrastes ! Il a donné Dieu au monde, et il y croit à peine. Il a créé la religion, et c’est le moins religieux des peuples ; il a fondé l’espérance de l'humanité en un royaume du ciel, et tous ses sages nous répètent qu’il ne faut s’occuper que de la terre.
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L’Ecclésiaste : un temps pour tout

XIII Encore un mal que j’ai vu sous le soleil et qui pèse lourdement sur l’humanité. C’est le cas d’un homme à qui Dieu a donné richesse, trésors, honneurs, qui ne manque de rien de ce qu’il désire, et à qui Dieu ne permet pas de jouir de sa fortune, si bien qu’un étranger mange le tout à sa place. Voilà une vanité et un abus étrange ! Quand même un homme donnerait le jour à cent fils et qu’il vécût des années aussi nombreuses que l’on voudra, s’il ne goûte aucun plaisir, et qu’après sa mort il n’ait pas de sépulture, je dis que le sort de l’avorton vaut mieux que le sien.
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