Résumé

La République en 1883 (1883)

Quiconque détient une part, si grande ou si minime soitelle, de la puissance publique, est un suspect. Suspects ceux qui disent du mal de la République, ou en ont dit, ou en pourraient dire; suspects ceux qui, dévoués au gouvernement, n'approuvent pas tous ses actes ; suspects ceux dont le zèle n'a jamais hésité même à faire le mal, mais dont la parenté ou les amitiés n'inspirent pas confiance ; suspects surtout ceux qui occupent un poste envié par un républicain. La République est un champ de bataille où les vainqueurs achèvent les blessés et dépouillent les morts.
Source : Gallica

La République en 1883 (1883)

A en croire les théories répandues par la presse, acclamées par la population des grandes villes, imposées par les agents politiques la France elle-même serait gâtée. Mais le grand art en politique n'est pas d'entendre ceux qui parlent, c'est d'entendre ceux qui se taisent. L'opinion est une muette dont il faut deviner le silence à travers les cris de ceux qui la prétendent exprimer. Or, même à l'heure présente, un fait domine et console : la contradiction entre les vices du gouvernement que la France accepte et les vertus qu'elle pratique.
Source : Gallica

La République en 1883 (1883)

Le régime parlementaire en ce siècle a compté plus d'une gloire et laissé plus d'une trace durable. On a peine à nommer ses héritiers, on ne peut citer d'eux une loi qui mérite de vivre, et nul ne saurait comment remplacer ce qu'il s'efforce de détruire. Sans intelligence de la vérité, sans désintéressement dans sa recherche, sans fermeté même dans l'erreur, voilà ces juges qui condamnent les siècles : l'heure présente ne les connaît même pas, et il faut percer leur obscurité pour apprendre qu'elle ne cache rien. Une assemblée donne sa mesure par ses ministres.
Source : Gallica

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