Résumé

Lucien Merlet Robert de Gallardon, scènes de vie féodale au XIIIe siècle… (1860)

On se taisait sur le compte de Robert, on avait l'air d'éviter de s'occuper de lui ou de n'avoir rien à dire, tandis qu'on ne tarissait pas d'éloges sur la générosité, sur la clémence, sur la magnanimité du sire de la Bretonnière. Et ce vieux serviteur, quel attachement ! quel dévouement! Il fallait qu'un seigneur fût bien bon pour inspirer un tel amour.
Puis le souvenir de ce misérable Adam s'offrait à sa pensée : elle, qui la veille était prêle à l'absoudre! Oh! que son amie, Agnès de Soulaires, devait avoir à souffrir !
Source : Gallica

Lucien Merlet Robert de Gallardon, scènes de vie féodale au XIIIe siècle… (1860)

Après le départ de Marguerite, Robert était sorti de l'abattement qui avait suivi son accès de colère; la rage et le désespoir dans le coeur, il était monté à la chambre de son frère Hervé.
— Viens, frère, lui dit-il brusquement; j'étouffe, j'ai besoin de prendre l'air, veux-tu sortir avec moi?
— Tu deviens fort ennuyeux, lui répondit nonchalamment Hervé. Sais-tu que ce n'est pas drôle du tout d'être amoureux?.. Mais qu'as-tu donc encore, reprit-il en sautant sur son banc à la vue du teint enflammé de Robert ? Tu es plus rouge que l'écarlate de mes chausses.
Source : Gallica

Lucien Merlet Robert de Gallardon, scènes de vie féodale au XIIIe siècle… (1860)

Pourquoi non, s'il le voulait bien, reprit Marguerite aussi tranquillement : je l'y accompagnerais en tous cas... Mais Dieu ne demande pas une telle abnégation : tout ce qu'il exige de nous, c'est que nous fassions le bien autant que nous le pouvons. Vous ne vous en sentez pas le courage : libre à vous de partager la vie de brigandage de vos frères Adam et Hervé; quant à moi, je serai plus avisée que ma chère Agnès, et, puisqu'il en est temps encore, jamais je ne serai la femme d'un chevalier dont le coeur et la main se souilleront de pareilles barbaries.
Source : Gallica

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