Résumé

Edmond Gautier Histoire du donjon de Loches

Chandenier était pauvre, et l’on espérait que la nécessité vaincrait sa résistance. Il n’en fut rien ; la cour lassée l’envoya au château de Loches au pain du roi, comme un criminel, et arrêta tous ses petits revenus. Dans cette dure et injuste captivité, sa fermeté demeura inébranlable. Il vécut du pain du roi, et de ce que les bourgeois de Loches lui envoyaient dans une petite écuelle qui faisait le tour de la ville. Cette « petite écuelle » nous paraît moins un soulagement pour le prisonnier, qu’une sorte de protestation silencieuse, et d’hommage pour une infortune si noblement portée.
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Edmond Gautier Histoire du donjon de Loches

Nous regrettons, en terminant, de n’avoir pu rattacher au sombre Donjon de Loches aucun souvenir gracieux. Forteresse ou prison, il était dans sa destinée de ne rappeler que la guerre, le deuil et l’oppression. Les carcans et les verrous, désormais inutiles, restent là comme des témoins de la barbarie disparue.
Aujourd’hui les puissantes murailles ne sont plus que des ruines ; les prisonniers ne sont plus que des ombres ; les cachots ne sont plus habités que par des souvenirs.
Les barrières sont tombées. On ne redoute plus les invasions des Normands ou des Anglais. On les attend.
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Edmond Gautier Histoire du donjon de Loches

Dis-moi, bonhomme, — lui dit le comte, — connais-tu un chemin pour aller au château de Loches ?
— Seigneur, dit le paysan, si je ne le connaissais pas je n’irais pas si souvent y vendre mon charbon.
— Eh bien, conduis-moi donc par tes sentiers jusqu’au chemin public.
— Vous êtes bien à votre aise sur votre cheval, seigneur, et votre esprit n’est point inquiet de ce que vous mangerez, et de ce que vous vous mettrez sur le corps. Moi, si j’interromps mon travail, je mourrai de faim avec ma pauvre famille.
— Ne t’inquiète pas, bonhomme ; viens, je te prie
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