Résumé

Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan La Vivandière, par Léon Gozlan (1872)

Les paroles de sa soeur la troublèrent profondément.
— Tu sais tout ! balbutia-t-elle avec une émotion dont elle ne fut point la maîtresse; qu'est-ce que tu sais donc? Je ne sais rien, moi !
— N'essaie plus de mentir ! fit Nany avec un ton d'autorité qui rendait toute dénégation impossible. Je te dis que je sais tout.
Cette fois Lazarine baissa la tête et ne répliqua rien.
— Tu ne peux te sauver que par une entière franchise, continua la vivandière; ta position est grave, celle de Gauthier de la Roche n'est pas meilleure; il faut aviser, car je te jure qu'il n'y a pas de temps à perdre.
Source : Gallica

Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan La Vivandière, par Léon Gozlan (1872)

Mais, allez ! cela n'est pas, en vérité, tout à fait ma faute : c'est bien aussi quelque peu celle du Lorrain : pourquoi a-t-il l'amour si malheureux? Pourquoi, chaque fois que leurs prétentions sont en présence, son rival et lui, laisse-t-il toujours l'autre prendre l'avantage ? Dans toute occasion, le Bordelais le devance et le distance; quand j'appelle, c'est toujours lui qui répond le premier; si je cherche un appui, c'est toujours sa main que je rencontre. Je sais que le Lorrain a toujours la bonne intention de me faire plaisir...
Source : Gallica

Portrait de Léon Gozlan Léon Gozlan La Vivandière, par Léon Gozlan (1872)

Déjà prêt à la lutte, le fier Lorrain, dans une attitude de dieu Terme, inébranlable, posa sa main herculéenne sur la poignée du fleuret, dont la lame flexible, appuyant son bouton sur la terre battue du champ clos, se tordait, serpent d'acier vivant, comme si elle eût voulu s'élancer et piquer.
— Tu vois bien cet homme-là, fit Nany à Séraphin, il ne faut pas que tu joues avec lui le même jeu qu'avec le Bordelais; lui ne bouge pas plus qu'un roc, on le dirait incrusté au sol. Il faut t'attachera l'inquiéter, à le chagriner
Source : Gallica

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